Fiction · 1796
Jacques le fataliste et son maître
Jacques et son maître voyagent sans que l’on sache jamais bien où, ni pourquoi. Jacques a promis de raconter l’histoire de ses amours ; mais entre les accidents de la route, les aubergistes, les rencontres imprévues et les propres interruptions du narrateur, qui s’adresse sans cesse à un lecteur impatient et discute avec lui de la façon de mener ce récit, cette histoire n’avance presque jamais. Seule certitude à laquelle Jacques revient sans cesse, leçon de son capitaine : tout ce qui nous arrive de bien et de mal ici-bas était écrit là-haut.
Écrit en 1773, le roman resta inédit du vivant de Diderot, connu seulement par des copies manuscrites ; l’épisode de Mme de La Pommeraye, l’une des histoires enchâssées que Jacques et son maître entendent en chemin, fut ainsi traduit en allemand dès 1785 par Schiller, sous le titre Vengeance de femme. Le texte complet ne parut en français qu’en 1796, douze ans après la mort de l’auteur. Diderot y multiplie les clins d’œil à Tristram Shandy de Sterne, au point d’avoir été accusé outre-Manche de plagiat.
Cette édition Bibliomancer présente la Notice préliminaire de Jules Assézat et le roman complet.
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À propos de l'auteur
1713–1784 · Enlightenment
Denis Diderot (1713–1784) naît à Langres, fils d’un maître coutelier. Destiné par sa famille à la prêtrise puis au droit, il choisit à Paris une vie d’écrivain et de traducteur indépendant. En 1749, sa Lettre sur les aveugles lui vaut d’être emprisonné quelques mois au donjon de Vincennes. Il dirige avec d’Alembert l’Encyclopédie (1751–1772), vingt-huit volumes qui rassemblent et diffusent les savoirs et les idées des Lumières, entreprise censurée à plusieurs reprises et menacée d’interdiction. Nombre de ses œuvres les plus personnelles — Jacques le fataliste, Le Neveu de Rameau, La Religieuse — jugées trop hardies pour la publication de son vivant, ne paraissent qu’après sa mort à Paris.
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