Nonfiction · 1805
Le neveu de Rameau
Au café de la Régence, où les joueurs d'échecs les plus redoutés de Paris se donnent rendez-vous, un philosophe qui aime à laisser flâner sa pensée est abordé par un personnage aussi bizarre que mémorable : Lui, neveu famélique et cynique du grand compositeur Rameau. S'ensuit, entre deux parties d'échecs, une conversation à bâtons rompus où Lui défend avec un aplomb déconcertant l'amoralité, la flatterie et le génie du parasite, contre la vertu tranquille que défend Moi — jusqu'à ce que la cloche des vêpres les sépare : « Rira bien qui rira le dernier. »
Sous-titré Satire seconde, ce dialogue resta inédit du vivant de Diderot, connu seulement par une copie manuscrite ; Goethe en publia une traduction allemande en 1805, longtemps la seule version disponible du texte. Il fallut attendre 1891 pour qu'une copie autographe permette d'en publier enfin l'original français.
Cette édition Bibliomancer présente le texte complet, précédé d'une présentation de son étonnante histoire éditoriale.
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À propos de l'auteur
1713–1784 · Enlightenment
Denis Diderot (1713–1784) naît à Langres, fils d’un maître coutelier. Destiné par sa famille à la prêtrise puis au droit, il choisit à Paris une vie d’écrivain et de traducteur indépendant. En 1749, sa Lettre sur les aveugles lui vaut d’être emprisonné quelques mois au donjon de Vincennes. Il dirige avec d’Alembert l’Encyclopédie (1751–1772), vingt-huit volumes qui rassemblent et diffusent les savoirs et les idées des Lumières, entreprise censurée à plusieurs reprises et menacée d’interdiction. Nombre de ses œuvres les plus personnelles — Jacques le fataliste, Le Neveu de Rameau, La Religieuse — jugées trop hardies pour la publication de son vivant, ne paraissent qu’après sa mort à Paris.
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